TRAP LOGOS

alt_text


Avec l'arrivée de l'été, le projet TRAP (Stratégies participatives pour la gestion de la pollution par le plastique du littoral transfrontalier) atteint la moitié de son parcours. Profitant de cette étape marquante du calendrier, nous souhaitons dédier le début de cette newsletter à un bilan de toutes les actions menées jusqu'à présent.

Vous êtes nombreux et nombreuses à avoir participé aux différentes phases de ce projet et votre implication a été essentielle pour arriver là où nous en sommes aujourd'hui. C'est pourquoi nous vous présentons ci-dessous un résumé des faits marquants de nos activités et des résultats que nous avons obtenus ensemble au cours de ces derniers mois.

▶ Parlons chiffres !
    Où en sont les prélèvements de TRAP ?

alt_text



▶ Que faisons-nous des échantillons
    qui arrivent au laboratoire ?


Vous êtes-vous déjà demandé ce que nous faisons des échantillons lorsqu'ils arrivent au laboratoire ?


On vous dit tout !

Le voyage d'un échantillon, depuis la côte jusqu'aux données avec lesquelles nous travaillons, suit un processus minutieux divisé en 5 étapes:





alt_text
Arrivée au laboratoire

Dès que l'échantillon a été prélevé, que ce soit en traînant un filet dans l'eau ou en effectuant un échantillonnage sur le sable, il est envoyé au laboratoire de la Facultat de Ciències de la Terra de l'UB ou à Plastic At Sea, où notre équipe le reçoit et se met au travail pour le traiter.

alt_text alt_text
Le prétraitement : nettoyage en profondeur

Si l'échantillon contient beaucoup de matière organique, comme des algues ou du plancton, nous lui appliquons un traitement de digestion au peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée) pour bien le nettoyer et faciliter l'étape suivante.


alt_text alt_text
L'extraction des microplastiques 

Une fois notre échantillon bien propre, les plastiques sont extraits un par un à l'aide de pinces de haute précision sous une loupe binoculaire d'un grossissement de 10 à 50 fois. Ils sont ensuite placés dans une boîte de Petri en veillant à ce qu'ils ne se touchent pas. C'est là que se révèle la fibre artistique de l'équipe : chacune finit par créer une mosaïque de microplastiques unique.

alt_text alt_text
Numérisation et analyse d'image 

Nous numérisons la boîte de Petri deux fois : une fois sur fond noir et une autre sur fond vert éclairé, ce qui fait ressortir les particules transparentes. Ensuite, nous travaillons avec des outils de traitement d'image et utilisons l'intelligence artificielle pour obtenir le nombre de plastiques, leur taille, leur surface, leur forme (et leur origine), leur couleur ainsi que d'autres variables clés.

alt_text alt_text

L'« ADN » du plastique


Enfin, nous analysons chimiquement une sélection aléatoire de plastiques pour lire leur « ADN » : polyéthylène, polypropylène, polystyrène, etc.



Grâce à ce processus, nous pouvons quantifier les microplastiques qui flottent sur nos côtes. La taille des fragments nous renseigne sur leur degré de dégradation : plus ils sont petits, plus ils sont dégradés, mais ils deviennent également plus biodisponibles (plus facilement assimilables par les êtres vivants) ; en revanche, les fragments de plus grande taille correspondent généralement à des plastiques rejetés plus récemment dans le milieu marin.


La forme
nous permet d'en déduire l'origine :

  1. Films Fragmentation de sacs en plastique
  2. Fragments Dérivés d'emballages, de bouteilles ou de pneus
  3. Filaments Engins de pêche ou pelouse artificielle
  4. Mousses   Dégradation d'emballages alimentaires
  5. Granulés ou microbilles Matière première ou cosmétiques 

La couleur apporte également des informations pertinentes sur le temps de séjour dans le milieu : des teintes plus vives indiquent des plastiques plus récents, tandis que des couleurs plus jaunâtres ou translucides suggèrent une exposition prolongée à la surface de l'océan.

Enfin, le type de polymère détermine en grande partie le devenir environnemental du plastique. Des matériaux comme le polyéthylène, le polypropylène ou le polystyrène expansé, moins denses que l'eau de mer, ont tendance à flotter, à moins qu'ils ne soient colonisés par des organismes et finissent par couler. En revanche, des polymères plus denses, comme le polyester, le PET, le polyamide (nylon) ou le PVC, ont plutôt tendance à couler.

 




alt_text

▶ Grande opération "Chercheurs de plastique" à Banyuls-sur-Mer


Les 29 et 30 mai 2026, Plastic At Sea a coordonné, en collaboration avec la mairie de Banyuls-sur-Mer, l’opération «Chercheurs de plastiques» dans le cadre du projet TRAP. Devenu un rendez-vous annuel incontournable, cet événement mobilise habitants et visiteurs autour d’un ramassage et d’un tri méthodique des déchets sur la plage centrale, les berges de la rivière et certains quartiers de la ville. Chaque déchet est caractérisé, comptabilisé et les données sont intégrées à des bases de données pour évaluer l’évolution de la pollution et l’efficacité des actions de remédiation mises en place. Cette année, 73 personnes se sont réunies pour lutter contre la pollution plastique.

 




alt_text

▶ Nouvelle publication
   Barcelone et le plastique,
   quantifier une source invisible



Nouvel article scientifique publié dans la revue Science of the total environment (vous pouvez le lire en intégralité ici) pour analyser la quantité de déchets plastiques qui arrivent à la mer depuis différents points de la côte urbaine de Barcelone.
Pour ce faire, nous avons croisé les données de décharge des déversoirs d'orage urbains de Barcelone (systèmes de libération de l'eau du réseau d'égouts vers la mer lors d'épisodes de pluies intenses) et les débits des fleuves Llobregat et Besòs, avec les échantillons réels prélevés au déversoir de Bogatell et dans le fleuve Llobregat. Les résultats sont clairs et nous rappellent l'importance de notre travail :


  1. Une source massive de pollution. On estime que chaque année, près de 60 milliards de particules de plastique arrivent à la mer. Parmi celles-ci, l'immense majorité sont des microplastiques : ils représentent 93 % dans les fleuves et jusqu'à 98 % dans les déversoirs d'orage urbains.

  2. Des tonnes de plastique par an. Si l'on parle de poids, les chiffres sont également impressionnants. Les fleuves apportent environ 14,4 tonnes de plastique par an, tandis que les déversoirs d'orage urbains en ajoutent environ 2,5 tonnes de plus.

  3. L'effet boomerang sur nos plages. Grâce à des simulations numériques, nous avons analysé où finissent ces déchets une fois qu'ils atteignent la mer. Le résultat est surprenant : plus de 98 % des déchets provenant des déversoirs retournent à la côte, et 60 % finissent par se déposer sur les plages urbaines les plus proches.

  4. ️Nord et sud : un impact partagé. L'étude montre que les déchets du fleuve Llobregat affectent principalement les plages situées au sud de Barcelone, tandis que ceux du Besòs impactent plus fréquemment les plages du nord de la ville.

  5. Petite taille, grand impact. Bien que le Llobregat et le Besòs n'apportent que 0,09 % de l'eau qui entre en Méditerranée, les émissions de plastique de la côte de Barcelone pourraient représenter jusqu'à 8,5 % des particules et 5,2 % de la masse totale qui arrive dans cette mer. Pequeño tamaño, gran impacto.
alt_text


La science citoyenne fonctionne !

Les échantillons obtenus et analysés par les bénévoles de TRAP, combinés aux modèles numériques, ont été essentiels pour dévoiler la carte de la pollution plastique à Barcelone. Cela démontre que des fleuves relativement petits traversant des zones très peuplées et industrialisées peuvent être de grands foyers de pollution, et souligne l'importance cruciale de continuer à travailler sur leur surveillance et leur atténuation. Avec votre aide, nous continuons à avancer !




alt_text

▶ Témoignages inspirants


Pour le projet TRAP, nous souhaitions intégrer à notre approche participative des personnes qui ne sont pas forcément déjà engagées dans des actions de protection de la nature. L’objectif ? Toucher un public plus large, encore peu informé sur la problématique de la pollution plastique. Pour cette raison, les partenaires du projets se sont tournés vers des  bénévoles issus de milieux variés comme:

  1. Des associations sportives utilisant le milieu marin, qui ont donc un intérêt particulier à le protéger, comme le Club Nàutic l'Escala ou les rameurs d'Aviron Banyulenc

  2. Associations du troisième secteur social comme l’APAJH des Pyrénées-Orientales (ESAT les Micocouliers de Sorède) qui défend la pleine citoyenneté des personnes en situation de handicap, également concernées par cette problématique.

 

Témoignages  d’un responsable de l’animation TRAP de l’APAJH et des membres de l’association en situation de handicap:


« C’est une superbe opportunité qui nous a été donnée par l’ESAT d’inclure le monde du handicap dans la cause contre la pollution plastique pour notre planète. Moi-même, encadrant dans le médico-social, j’initie mon enfant au ramassage des déchets à chaque sortie plongée, plage, forêt ou rivière. C’est un moment de partage, d’échanges et d‘enseignement. » - Romain BATS, moniteur d’atelier.

« Très belle expérience, ça fait du bien de travailler hors des murs de l’ESAT et en plus pour une bonne cause. Je ne me rendais pas compte qu’il y avait autant de pollution sur les plages. » - Matéo.

« Quand je vois des reportages sur la nature, ça me fait mal au cœur d’entendre parler des micro-plastiques. Cela touche la faune, la flore et ce que l’on mange. Je suis heureuse de travailler dehors pour contribuer à protéger la nature. » - Elodie.

« Je suis content de collaborer avec les partenaires du projet TRAP. Inclure des personnes en situation de handicap comme moi dans cette cause est formidable. Je trouve que l’être humain n’est pas beaucoup responsable de son environnement, et c’est fort dommage. Malheureusement, c’est tout le monde qui en pâtit. » - Cédric.

 




▶ N'oubliez pas de nous suivre sur Instagram pour rester au courant de nos dernières actualités !




▶ Vous souhaitez en savoir plus
ou participer ?

Restez à l'affût des prochaines éditions de la newsletter !

Veuillez envoyer un e-mail avec pour objet « Inscription » ou « Désinscription  » à hola@trap-poctefa.eu pour vous inscrire ou vous désinscrire de notre newsletter.
TRAP LOGOS